Viandes et produits carnés – 30 Mai 2025 3
(par Lora Iannotti, Washington University, USA) et
la malnutrition dans les pays développés (par Ty Beal,
Gain, USA).
Les recherches conduites pendant plus de 10 ans
sur le score PURE ont montré que les risques de
mortalité liés à une mauvaise alimentation
augmentent lorsque la proportion d'énergie apportée
par les glucides augmente. Il s'agit bien sûr de
l'amidon apporté par les céréales et non pas la
consommation de fruits et légumes. En revanche, les
mêmes études ont montré que la viande non
transformée ou la viande de volaille n’ont aucun effet
sur l'augmentation du risque de mortalité, la viande
rouge ayant un effet neutre voire légèrement
protectrice. Ainsi, un régime bon sur le plan
nutritionnel contient non seulement des produits
végétaux (légumes frais, fruits, légumineuses, noix,
poisson) mais également des produits animaux
(poisson, produits laitiers, etc.). Ces résultats ont été
obtenus avec plus de 245000 personnes issues de 80
pays et sont en accord avec 6 autres études
internationales et les recommandations qui découlent
de ces observations diffèrent des premières études
réalisées il y a plusieurs dizaines d'années. Un rapport
de la FAO intitulé “Contribution of terrestrial animal
source food to healthy diets for improved nutrition
and health outcomes” confirme ces analyses (la
présentation est disponible sur
https://drive.google.com/file/d/1f8sv02-
G9ulwjoYIxOIct3BOcJzquCSO/view).
Lors de ces travaux caractérisant les régimes bons
sur le plan nutritionnel, la viande était bien présente
dans ces régimes mais les experts qui ont relu l'article
scientifique lors de sa soumission ont considéré qu'il
ne fallait pas garder la viande parmi les aliments
acceptables en raison de son impact environnemental
élevé. Cette observation a soulevé un point de
discussion important : est-ce que c’est le critère
environnemental qui est le plus important ou au
contraire le critère nutritionnel.
L’absence de produits animaux dans les régimes
alimentaires peut conduire à deux familles de
problèmes : les retards de croissance et les carences
surtout dans les pays pauvres
(https://drive.google.com/file/d/1koJbhDgzW_uXW
1kFgVFHRmkDZ87RBvH5/view) comme expliqué
par Dr Lora Iannotti. La malnutrition prévaut dans le
monde entier avec des problèmes de surpoids et
d’obésité notamment dans les pays développés. Les
nutriments absents des régimes alimentaires dans les
pays pauvres se trouvent en fortes concentrations et
avec une forte digestibilité dans les produits animaux.
Tout en protégeant l’environnement et les risques de
surconsommation des produits animaux, il est
important de protéger les populations vulnérables
contre une faible consommation de produits animaux.
Les recommandations alimentaires doivent
considérer l’entièreté de ces aspects. Nous avons
encore besoin de connaissances pour préciser les
consommations optimales et la fréquence
recommandée de consommation des différentes
catégories de produits animaux en particulier pour les
différents groupes de population des pays pauvres.
Les différentes carences pour les micronutriments
varient en fonction des différentes régions du monde
mais sont bien présentes partout comme expliqué par
le Dr Ty Beal
(https://drive.google.com/file/d/1rUoG6jrYquoZhIV
wpOMLRLWUKUG_pKvq/view).
Ainsi par exemple, des carences en fer élevées
sont observées pour les femmes au Royaume-Uni et
aux Etats-Unis. En Arabie Saoudite, ce sont plutôt des
carences élevées en vitamine D qui sont observées.
La consommation d'acide gras de la famille des
oméga 3 issus de la pêche est insuffisante en Chine,
en Inde, au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique
du Sud et dans une moindre mesure en Amérique du
Nord. Pour les autres micronutriments tels que la
vitamine E, la vitamine C, le fer et le calcium, nous
observons également de grandes différences entre
pays et entre régions du monde ; en particulier pour le
fer, rares sont les pays pour lesquels les populations
ont un apport suffisant et c'est probablement la
carence qui pose le plus de problèmes en raison de ses
impacts importants sur la santé. Aux États-Unis, les
carences les plus importantes sont celles en fer, en
magnésium, en vitamine C et surtout en iode et en
vitamine E. Les aliments mauvais pour la santé
réduisent les avantages de la diversité alimentaire et
remplacent les aliments bons pour la santé dans les
pays à revenu élevé. D'une façon générale, les
produits animaux sont les sources uniques de rétinol,
de fer héminique, de vitamine B12 et de vitamine D3.
La biodisponibilité du zinc et de la vitamine B6 sont
très élevés dans les produits animaux. Les produits
animaux ont un profil en acides aminés complet et des
protéines bien assimilables. Ce sont aussi des sources
uniques de DHA et de EPA. Ils apportent aussi des
micronutriments avec des effets potentiellement
bénéfiques pour la santé qui incluent la créatinine,
l’ansérine, la taurine, la cystéamine, la 4
hydroxyproline, la carnosine, le CLA et des peptides
bioactifs. Les produits végétaux sont des sources
uniques de fibres alimentaires et ce sont des sources
importantes de phytonutriments. C'est la source
majoritaire de vitamine C. Les produits végétaux sont
aussi des sources importantes de folates, vitamine E,